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Lundi 6 juillet 2009 1 06 /07 /Juil /2009 17:06
En repartant de Cusco, la route pour Arequipa est toujours bloquée par des barrages,  nous irons donc directement à Nazca.
Mais, grosse fatigue, nous n’avons plus la motivation - et il en faut une sacré dose - pour pédaler sur les routes de montagne du Pérou, alors tant pis, nous prendrons un bus de nuit qui avalera en 15 heures les 700 km que nous aurions mis 10 jours à parcourir. La route doit être magnifique, avec encore plusieurs cols à plus de 4000m dans des montagnes sauvages, avec vigognes et condors, pour finir par une descente de 100 km sur 3500m de dénivelé et une arrivée dans le désert…

Les géoglyphes de Nazca sont de grandes figures tracées sur le sol, parfois longues de plusieurs centaines de mètres. Ces géoglyphes sont le fait de la civilisation Nazca, une culture pré-inca,  (entre 300 av. J.-C. et 800 de notre ère). Elles ont la forme de singes, d'oiseaux, de condors... Imprimés sur la surface de la Pampa, les dessins franchissent les ravins, escaladent les collines sans que leur forme ni la rectitude des lignes en soient affectées.


Grace au microclimat, ce plateau est l'une des régions les plus sèches du monde, les lignes sont intactes après 2000 ans. Sans sable, ni poussières pour recouvrir la plaine et avec peu de pluie ou de vent pour les éroder, les tracés restent intacts.
La plupart des dessins sont visibles seulement d’avion, alors comme tous les touristes, nous allons faire le petit tour en avion. Et là, nous sommes un peu déçus : la poésie et la beauté du phénomène sont gâchés par le coté usine à touristes. Les petits avions (6 à 12 places) décollent - 1 toutes les 5 minutes -,  survolent quelques dessins avec force virages engagés et après une demi-heure de grand-huit, reposent leur cargaison de touristes verts, l’estomac à l’envers. 

A Nazca, comme à Cusco et comme dans tous les spots touristiques du Pérou, tout est fait pour que le gringo dépense ses dollars . Décidément, le voyage en bus de site touristique en site touristique ne nous emballe pas. Nous ne faisons plus les rencontres que nous faisions dans les campagnes ou les petits villages, loin des grandes villes, et les sollicitations permanentes des vendeurs de souvenirs nous fatiguent.

Mais nous n’avons plus le courage de pédaler dans les régions plus isolées, où la rusticité des conditions d’hébergement et d’hygiène commencent à nous peser…alors, nous décidons de rentrer.


A Lima, nous sommes surpris par la modernité de la ville (le centre), des immeubles chics,  des costumes-cravates, on se croirait en Europe. Les différences de niveau de vie sont décidément gigantesques dans ce pays.















Nous voilà donc de retour au pays du fromage.

Que c’est bon de se retrouver chez soi après 6 mois d’itinérance !
Retrouver la famille et les amis, se poser, ne pas refaire son sac tous les jours, manger des légumes et des fruits d’été, des laitages non sucrés, autre chose que l’éternel « poulet - riz - frites »…Cela permet de redonner leur valeur aux choses simples.

En vrac, à la Prévert, quelques chiffres et impressions à chaud sur ce voyage :

4000 km en vélo, 60 jours de pédalage , soit environ 1 million 24 milles coups de pédale….chacun.
13 jours de marche à pied, 3 jours en bateau, 1 jour de train, 12 jours de voiture, 6 nuits et 10 jours de bus…

On n’a pas aimé :

Le comportement au volant - dans une moindre mesure au Chili - de l’automobiliste moyen : toujours lancé à fond, l’obstacle qui se présente (un vélo, un enfant qui traverse…) déclenche un coup de klaxon proportionnel au danger, le frein ne servant qu’en toute dernière extrémité. Idem pour les chauffeurs de bus, certains se prenant pour des pilotes de rallyes en montagne.

Le vent (quasi systématiquement) de face…allez savoir pourquoi ?

La pollution dans les villes, principalement due à des véhicules et des industries recalés des pays du G8.

Certains effets de la mondialisation : il est plus facile de trouver du coca-cola que de l’eau potable dans les villages reculés.

L’image de la France : un pays où l’intégration des immigrés se passe mal, déclenche des émeutes… et un pays développé certes, mais où on laisse les vieux mourir de chaud !  Ce qui n’empêche pas une sympathie spontanée pour les français.

On a beaucoup aimé :

Les grands espaces, les volcans, les déserts, les paysages fantastiques - particulièrement en Bolivie - et leur diversité.

La chaleur de l’accueil et la facilité de contact - particulièrement en Argentine.

Ce que permet le voyage en vélo : la lenteur pour apprécier pleinement la beauté des paysages, l’effort qui magnifie la découverte et surtout les rencontres, facilitées par la curiosité que déclenche notre drôle de monture.

Voilà, pour le moment, par réaction, nous rêvons de cocooning…
Nous pensons qu’un jour (quand ?), nous aurons de nouveau des fourmis dans les jambes, le voyage au long cours, c’est comme le bon chocolat, quand on y a gouté, on y prend goût !

Jeudi 25 juin 2009 4 25 /06 /Juin /2009 03:21
Avant de quitter le lac Titicaca, nous allons visiter les Iles UROS, îles flottantes en roseau. Trois mille personnes vivent sur ces petites îles, fabriquées au fur et mesure des besoins, amarrées au fond du lac. Les enfants vont à l’école en bateau bien sûr, mais en barques à moteur, les bateaux en roseau sont pour les touristes. Les gens vivent de la pêche, du tourisme ou sont employés à terre. Le troc (truites contre pommes de terre et autres légumes) a lieu sur la terre ferme, les revenus du tourisme sont mis en commun pour payer les études des enfants.



Le bateau nous emmène ensuite sur l’île Taquile. Encore une curiosité : mode de vie également communautaire, où le respect des traditions est très important. Traditions vestimentaires notamment : la couleur de la jupe ou le port du bonnet renseignent sur le statut de la personne, cœur à prendre ou bien mariée, son chapeau sur ses responsabilités au sein de la communauté, et la couleur des pompons sur ses états d’âmes, mélancolique ou joyeux ! Pas de police, ni de justice, les différents sont réglés chaque semaine sur la place publique, lors d’une assemblée générale !



Pour rejoindre Cusco, nous sommes bien contents d’avoir le vélo. Les routes sont en effet barrées sur 50 km, par les paysans qui manifestent contre le gouvernement qui a l’intention de privatiser les ressources hydrauliques.  Cailloux éparpillés sur 50 km, avec à chaque village des  barrages plus conséquents, camions renversés et piquets de grève importants. Nous ne sommes pas très à l’aise, mais en général l’accueil est plutôt souriant, voir carrément rigolard, avec applaudissements (merci le pino). Parfois il a fallu quand même discuter. Conséquence très agréable : la route est déserte, ni camions, ni bus, ni voitures, seuls les vélos circulent !














La campagne change, les petites parcelles et la pauvreté vers Puno, laissent la place à une agriculture plus intensive. Mais certaines scènes nous ramènent au moyen âge ...




 
Arrivés à Cusco, nous sommes surpris : la ville est moderne, la pollution pas trop présente, les femmes en jean sont nombreuses, c’est un autre visage du Pérou.



Par chance, nous arrivons en plein carnaval qui va durer toute la semaine, avec pour point culminant le 24 juin, la célébration de l’INTI RAYMI ou nouvel an Inca, au solstice d’hiver.







A chaque jour son défilé : l'église, les écoles, les entreprises, les maternelles, avec toujours des costumes rivalisant d’imagination.














Le spectacle du 24 est  grandiose. Les péruviens aiment la fête.














La région est pleine de sites archéologiques Inca, avec bien sûr le MACHU PICHU, le plus impressionnant. Le cadre est splendide : la cité perdue est entourée de montagnes  escarpées et de vallées encaissées. On comprend que le site soit envahi chaque jour par des centaines de touristes, malgré le prix exorbitant  de l’accès.







Dans toute la vallée sacrée, les vestiges de l’architecture inca avec ses appareillages caractéristiques sont remarquablement conservés. Alors que les tremblements de terre ont détruits les constructions coloniales, les murs inca sur lesquelles elles étaient construites sont restés debout.








Dimanche 14 juin 2009 7 14 /06 /Juin /2009 20:43

Pour avoir un petit aperçu de la Bolivie pré amazonienne, nous partons pour 3 jours de marche sur un chemin inca : EL CHORO.
Partis de 4900m d’altitude, juste au dessus de La Paz, nous arriverons 3 jours plus tard, 3700m plus bas et 70km plus loin, au village de COROICO.


Dés le premier jour, nous perdons 2000m et le paysage minéral des premières heures devient tropical, avec une végétation luxuriante et une température bien plus clémente (quoiqu’encore froide la nuit).


















Après deux mois de désert et d’altiplano aride, cette végétation nous fait un bien fou. En plus, en perdant de l’altitude, le sommeil est bien meilleur  (bien que les 3 jours de descente ne soient pas de tout repos, nos pieds s’en souviendront un moment).



Le chemin (vestiges incas) est par endroit bien large et pavé, et par endroit réduit à un simple sentier, accroché aux flancs très raides des montagnes couvertes de forêts impénétrables.

A Coroico, le climat est doux, bananiers, orangers, avocatiers, caféiers et coca…c‘est le jardin de La Paz . Le village est perché sur une colline et la vue reposante, le dépaysement total.

De retour à La Paz, nous évitons la remontée sur El Alto et sa sortie embouteillée en nous joignant à une visite touristique du site archéologique de Tiwanaku, (sur notre route vers le Pérou). C’est ce lieu sacré des indiens Aymaras qui a inspiré Hergé pour « Tintin et le temple du soleil ».

Notre guide nous apprend que 800 000 personnes vivent du commerce informel et que les nombreuses fêtes et manifestations ont pour but de soutenir cette activité. Le marketing moderne n’a donc rien inventé.






















Repartis en vélo de Tiwanaku, la route longe le lac Titicaca.


Une première petite étape nous mène à Guaquil, dernier village avant la frontière. Une fête occupe la place centrale du village, avec à chaque angle un podium de musiciens, appuyés par des sonos gigantesques qui rivalisent de décibels. 




Nous nous réfugions sous la tente à l’écart du village, à proximité d‘une unité de la « Marine Bolivienne » .






Le lendemain, le passage de la frontière à Desagüadero sera folklorique : la ville est encombrée de triporteurs qui charrient les cargaisons les plus diverses. En effet, les coûts de main d’œuvre sont tels que l’on décharge les camions  pour en recharger d’autres de l’autre côté de la frontière. 


Ces cargaisons traversent la ville, passant à travers les rues occupées par les vendeuses de fruits - babioles et confiseries, installées à même le sol.






Les 160 km qui suivent traversent une région du Pérou aussi pauvre que la Bolivie. La campagne est vivante : les gens travaillent aux champs (pommes de terre, céréales diverses). Seule différence avec la Bolivie : les gens sont plus expansifs, ils nous interpellent facilement, engagent la conversation spontanément.

Arrivés à Puno, première ville importante, le changement est plus marqué : des commerces modernes côtoient les marchés traditionnels. Les rues sont encombrées de vélos et de motos taxis, dans une curieuse ambiance asiatique. 
Ces quelques jours de pédalage, toujours en altitude, toujours avec les camions et les bus qui nous rasent en nous lâchant leurs gaz d’échappement dans la figure, nous font ressentir la fatigue accumulée : on se traîne !

Nous décidons donc d’anticiper notre retour, nous nous arrêterons à LIMA. Le reste du trajet se fera en vélo et en bus en alternant au gré des difficultés.  

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