Mais, grosse fatigue, nous n’avons plus la motivation - et il en faut une sacré dose - pour pédaler sur les routes de montagne du Pérou, alors tant pis, nous prendrons un bus de nuit qui avalera en 15 heures les 700 km que nous aurions mis 10 jours à parcourir. La route doit être magnifique, avec encore plusieurs cols à plus de 4000m dans des montagnes sauvages, avec vigognes et condors, pour finir par une descente de 100 km sur 3500m de dénivelé et une arrivée dans le désert…
Les géoglyphes de Nazca sont de grandes figures tracées sur le sol, parfois longues de plusieurs centaines de mètres. Ces géoglyphes sont le fait de la civilisation Nazca, une culture pré-inca, (entre 300 av. J.-C. et 800 de notre ère). Elles ont la forme de singes, d'oiseaux, de condors... Imprimés sur la surface de la Pampa, les dessins franchissent les ravins, escaladent les collines sans que leur forme ni la rectitude des lignes en soient affectées.
La plupart des dessins sont visibles seulement d’avion, alors comme tous les touristes, nous allons faire le petit tour en avion. Et là, nous sommes un peu déçus : la poésie et la beauté du phénomène sont gâchés par le coté usine à touristes. Les petits avions (6 à 12 places) décollent - 1 toutes les 5 minutes -, survolent quelques dessins avec force virages engagés et après une demi-heure de grand-huit, reposent leur cargaison de touristes verts, l’estomac à l’envers.
A Nazca, comme à Cusco et comme dans tous les spots touristiques du Pérou, tout est fait pour que le gringo dépense ses dollars . Décidément, le voyage en bus de site touristique en site touristique ne nous emballe pas. Nous ne faisons plus les rencontres que nous faisions dans les campagnes ou les petits villages, loin des grandes villes, et les sollicitations permanentes des vendeurs de souvenirs nous fatiguent.
Mais nous n’avons plus le courage de pédaler dans les régions plus isolées, où la rusticité des conditions d’hébergement et d’hygiène commencent à nous peser…alors, nous décidons de rentrer.
A Lima, nous sommes surpris par la modernité de la ville (le centre), des immeubles chics, des costumes-cravates, on se croirait en Europe. Les différences de niveau de vie sont décidément gigantesques dans ce pays.
Que c’est bon de se retrouver chez soi après 6 mois d’itinérance !
Retrouver la famille et les amis, se poser, ne pas refaire son sac tous les jours, manger des légumes et des fruits d’été, des laitages non sucrés, autre chose que l’éternel « poulet - riz - frites »…Cela permet de redonner leur valeur aux choses simples.
En vrac, à la Prévert, quelques chiffres et impressions à chaud sur ce voyage :
4000 km en vélo, 60 jours de pédalage , soit environ 1 million 24 milles coups de pédale….chacun.
13 jours de marche à pied, 3 jours en bateau, 1 jour de train, 12 jours de voiture, 6 nuits et 10 jours de bus…
On n’a pas aimé :
Le comportement au volant - dans une moindre mesure au Chili - de l’automobiliste moyen : toujours lancé à fond, l’obstacle qui se présente (un vélo, un enfant qui traverse…) déclenche un coup de klaxon proportionnel au danger, le frein ne servant qu’en toute dernière extrémité. Idem pour les chauffeurs de bus, certains se prenant pour des pilotes de rallyes en montagne.
Le vent (quasi systématiquement) de face…allez savoir pourquoi ?
La pollution dans les villes, principalement due à des véhicules et des industries recalés des pays du G8.
Certains effets de la mondialisation : il est plus facile de trouver du coca-cola que de l’eau potable dans les villages reculés.
L’image de la France : un pays où l’intégration des immigrés se passe mal, déclenche des émeutes… et un pays développé certes, mais où on laisse les vieux mourir de chaud ! Ce qui n’empêche pas une sympathie spontanée pour les français.
On a beaucoup aimé :
Les grands espaces, les volcans, les déserts, les paysages fantastiques - particulièrement en Bolivie - et leur diversité.
La chaleur de l’accueil et la facilité de contact - particulièrement en Argentine.
Ce que permet le voyage en vélo : la lenteur pour apprécier pleinement la beauté des paysages, l’effort qui magnifie la découverte et surtout les rencontres, facilitées par la curiosité que déclenche notre drôle de monture.
Voilà, pour le moment, par réaction, nous rêvons de cocooning…
Nous pensons qu’un jour (quand ?), nous aurons de nouveau des fourmis dans les jambes, le voyage au long cours, c’est comme le bon chocolat, quand on y a gouté, on y prend goût !

Arrivés à Puno, première ville importante, le changement est plus
marqué : des commerces modernes côtoient les marchés traditionnels. Les rues sont encombrées de vélos et de motos taxis, dans une curieuse ambiance asiatique.
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